À travers son témoignage sur le Horoya Band, Ansoumane Kaloga « Belmondo » pose une question qui dépasse son propre orchestre : comment préserver et transmettre le patrimoine des grands orchestres guinéens ?
Les grands orchestres qui ont marqué l’histoire musicale de la Guinée sont toujours dans les mémoires. Mais pour Ansoumane Kaloga « Belmondo », figure du Horoya Band, leur avenir dépend désormais de leur capacité à rester présents sur les scènes et à transmettre leur héritage aux nouvelles générations.
Dans un entretien exclusif accordé à AfricaGuinee, le musicien revient sur l’âge d’or des orchestres nationaux et sur les difficultés auxquelles ils sont aujourd’hui confrontés. Son témoignage met surtout en lumière un enjeu plus large : la préservation du patrimoine musical guinéen.
Ne pas laisser les orchestres disparaître des scènes
Pour Belmondo, l'une des premières réponses passe par la programmation régulière des orchestres.
Le musicien estime que les formations historiques doivent pouvoir continuer à se produire, notamment lors des grandes manifestations, dans les hôtels et dans les événements culturels. Une présence régulière permettrait non seulement aux musiciens de poursuivre leur activité, mais aussi au public de redécouvrir ces formations.
Le problème n'est donc pas uniquement celui de la mémoire. Un orchestre ne peut véritablement être préservé que s'il continue à jouer, travailler et rencontrer son public.
Transmettre aux jeunes
L'autre enjeu majeur est celui de la relève.
Les grands orchestres ont accumulé plusieurs décennies de répertoires, de techniques et de connaissances sur les rythmes guinéens. Pour Belmondo, cet héritage doit être transmis aux jeunes musiciens afin d'éviter une rupture entre les générations.
Cette transmission pourrait passer par des répétitions communes, des formations, des collaborations entre anciens et jeunes artistes ou encore une meilleure intégration des répertoires des orchestres nationaux dans les programmes culturels.
L'État et les acteurs culturels ont un rôle à jouer
Le témoignage de Belmondo renvoie également à la responsabilité des pouvoirs publics et des acteurs du secteur culturel.
Préserver les orchestres ne signifie pas seulement conserver leurs noms ou leurs archives. Cela suppose de créer des conditions permettant aux formations encore actives de continuer à travailler et à se produire.
La programmation dans les événements nationaux, l'accompagnement des formations, la conservation des archives musicales et la création d'espaces de transmission pourraient contribuer à maintenir vivant cet héritage.
Faire vivre le patrimoine plutôt que le conserver
L'enjeu dépasse finalement le seul Horoya Band.
Du Bembeya Jazz aux autres grandes formations qui ont accompagné l'histoire culturelle de la Guinée, ces orchestres constituent une partie importante de la mémoire musicale du pays.
Mais cette mémoire ne pourra être durablement préservée si elle reste uniquement dans les archives ou dans les souvenirs des anciens.
Le message qui ressort du témoignage de Belmondo est donc simple : pour préserver les orchestres guinéens, il faut continuer à les faire vivre.
Les faire jouer. Former une relève. Valoriser leurs répertoires. Et surtout, créer un lien entre ceux qui ont construit cette histoire et ceux qui devront la transmettre.
Source : entretien exclusif d’Ansoumane Kaloga « Belmondo », réalisé et publié par AfricaGuinee.
















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