Conakry a accueilli, les 5 et 7 novembre 2026, la 21e Assemblée générale du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP), une institution spécialisée de la CEDEAO. Organisée avec Électricité de Guinée (EDG), sous le haut patronage du président Mamadi Doumbouya, cette rencontre a réuni les dirigeants des 60 sociétés d’électricité membres autour d’un objectif commun : renforcer le marché régional de l’électricité. Pour la Guinée, qui dispose d’importantes ressources hydroélectriques et participe à plusieurs projets d’interconnexion, les discussions soulèvent une question centrale : comment transformer son potentiel énergétique en un approvisionnement plus régulier pour sa population, tout en contribuant aux échanges sous-régionaux ?
Placée sous le thème « Consolider le marché régional de l’électricité : un levier de résilience pour l’Afrique de l’Ouest », l’Assemblée générale a notamment porté sur l’état d’avancement des lignes électriques reliant les pays de la sous-région et sur la mise en place d’un marché régional de l’électricité. Les travaux ont également permis d’examiner le bilan des activités du WAPP et les perspectives de développement des échanges transfrontaliers. L’ambition est de faciliter la circulation de l’énergie entre les réseaux nationaux, de mieux mobiliser les ressources disponibles et de renforcer la sécurité de l’approvisionnement à l’échelle ouest-africaine.

La Guinée participe à cette dynamique à travers plusieurs infrastructures, notamment les interconnexions de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) et de la ligne Côte d’Ivoire-Libéria-Sierra Leone-Guinée (CLSG). Ces réseaux relient le système électrique guinéen à ceux de pays voisins et rendent possibles des échanges transfrontaliers. Le projet d’interconnexion avec le Mali doit également élargir les perspectives de coopération énergétique. À l’échelle régionale, ces infrastructures peuvent contribuer à mieux répartir les ressources disponibles et à répondre aux besoins des différents réseaux.
Cette ouverture ne signifie toutefois pas que la Guinée dispose en permanence d’un excédent d’électricité. Les données du Pacte national de l’énergie, publié avec l’appui de la Banque mondiale, font état, pour 2024, de 240,25 GWh exportés contre 281 GWh importés. Le même document estime le taux national d’accès à l’électricité à 52 % cette année-là et relève des pertes techniques et commerciales supérieures à 30 %, dans un contexte de croissance de la demande. Ces chiffres illustrent la complémentarité des échanges régionaux : la Guinée peut exporter de l’électricité à certaines périodes tout en ayant besoin d’en importer à d’autres.
C’est l’un des principaux défis du secteur guinéen. La disponibilité de centrales hydroélectriques ne garantit pas, à elle seule, que l’électricité arrive régulièrement dans les foyers et les entreprises. Le transport, la capacité des lignes, l’état du réseau de distribution, les pertes et la situation financière de l’opérateur national influencent également la qualité du service. L’intégration régionale peut ainsi renforcer la sécurité énergétique, mais elle ne saurait remplacer les investissements nécessaires à l’amélioration du réseau national.
La rencontre de Conakry met donc en lumière deux objectifs complémentaires : consolider la coopération électrique avec les pays voisins et améliorer la desserte à l’intérieur du territoire. Pour la Guinée, l’enjeu ne se limite pas à prendre part au marché régional. Il consiste aussi à faire en sorte que les infrastructures et les ressources mobilisées contribuent à un accès plus fiable à l’électricité pour les populations et les activités économiques.














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