La Guinée devra créer 1,5 million d’emplois d’ici 2030 pour répondre aux besoins de sa population, selon le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana. Cet objectif est désormais placé au cœur du nouveau partenariat entre la Guinée et l’institution financière internationale.
La Guinée et le Groupe de la Banque mondiale ont officiellement lancé, le 5 octobre 2026 à Conakry, leur Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2027-2033.
Ce nouveau cadre ouvre la voie à plus de 3 milliards de dollars d’engagements en faveur de la transformation économique du pays, avec une priorité affichée : créer des emplois et favoriser une croissance plus diversifiée et inclusive.

Un défi majeur pour l’emploi
Lors du lancement du partenariat, Ousmane Diagana a souligné l’ampleur du défi.
La Guinée devra créer 1,5 million d’emplois d’ici 2030, alors que le pays en a créé en moyenne environ 121 000 par an entre 2021 et 2024.
Pour le responsable de la Banque mondiale, atteindre cette cible suppose donc de changer d’échelle et de placer l’emploi directement au centre des politiques économiques, plutôt que de considérer les emplois comme une simple conséquence
Cette ambition intervient alors que la Guinée entre dans une nouvelle phase avec la montée en puissance du projet Simandou.
Selon les projections présentées par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la croissance du PIB réel devrait atteindre 8,6 % en 2026, avant de s’établir à une moyenne de 10,1 % entre 2027 et 2030, portée notamment par le secteur minier et les investissements dans les infrastructures.
Mais pour la Banque mondiale, l'enjeu ne consiste pas seulement à augmenter les volumes de minerai exportés.
La question est également de savoir combien d’emplois, d’entreprises, de compétences et de nouvelles opportunités économiques Simandou permettra de créer pour les Guinéens. C’est ce que Ousmane Diagana présente comme le « véritable dividende de Simandou ».
320,8 millions de dollars déjà signés
Le nouveau cadre de partenariat a été immédiatement concrétisé par la signature de quatre accords de financement totalisant 320,8 millions de dollars.
Ces financements concernent notamment l’agriculture commerciale, le développement des compétences, la mobilisation des recettes publiques et l’accès à l’électricité.
Dans le détail, 116 millions de dollars sont destinés à la deuxième phase du Projet de développement de l’agriculture commerciale, 102 millions au projet SIRA consacré aux compétences, 75 millions à la mobilisation des recettes intérieures et à la gestion des dépenses publiques, et 27,8 millions supplémentaires à l’accès à l’électricité.
Pour les autorités guinéennes, le véritable enjeu sera désormais de transformer ces engagements financiers et la croissance attendue en résultats concrets.
Le nouveau partenariat met notamment l’accent sur la formation, le capital humain, les infrastructures, le secteur privé, la gouvernance économique et la diversification.
Le projet agricole devrait, à lui seul, contribuer à la création de près de 66 000 emplois et bénéficier à plus de 250 000 agriculteurs et ménages ruraux, selon les chiffres présentés lors du lancement du partenariat. Le programme SIRA doit également renforcer les compétences de centaines de milliers de jeunes.
Avec l’objectif de 1,5 million d’emplois à l’horizon 2030, la capacité de la Guinée à transformer la croissance liée à Simandou en opportunités concrètes pour sa population constituera ainsi l’un des principaux enjeux du nouveau partenariat avec la Banque mondiale.
















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