Le 1er novembre 1958 marque une étape importante dans la construction de l’État guinéen. Un mois après la proclamation de l’indépendance, le 2 octobre, la jeune République se dotait de sa propre armée. Soixante-huit ans plus tard, les Forces armées guinéennes commémorent cet anniversaire, symbole de la volonté des premières autorités de doter le pays d’un outil national de défense et de préserver sa souveraineté.
La création de cette institution s’inscrit dans le contexte particulier des premiers jours de l’indépendance. Après le choix du « Non » au référendum du 28 septembre 1958, la Guinée devient le premier territoire de l’Afrique occidentale française à accéder à la souveraineté en rompant avec la Communauté proposée par la France. Le nouvel État doit alors mettre en place ses institutions, notamment celles chargées d’assurer sa défense.
Dès le 3 octobre 1958, un secrétariat d’État à la Défense nationale est mis en place auprès de la présidence. Le capitaine Noumandian Kéita est chargé de conduire le processus de formation de l’armée nationale. Le 1er novembre suivant, les premières unités militaires sont constituées. Elles reposent notamment sur des soldats guinéens qui choisissent de quitter les rangs de l’armée coloniale pour servir leur nouveau pays.
Des premières unités à une institution nationale
À ses débuts, l’armée guinéenne doit relever un défi majeur : se structurer, former ses personnels et organiser ses moyens dans un contexte où le pays vient tout juste d’accéder à l’indépendance. Les premiers militaires constituent ainsi le noyau d’une institution appelée à jouer un rôle important dans la défense du territoire et la consolidation de l’autorité de l’État.
Au fil des décennies, les Forces armées guinéennes ont connu différentes périodes, marquées par des évolutions politiques, des engagements militaires et des transformations de leur organisation. Leur histoire est notamment liée à plusieurs épisodes importants de la vie nationale, mais aussi à l’engagement de la Guinée dans les dynamiques de solidarité et de coopération africaines.
Dans son discours prononcé à l’occasion du 63e anniversaire de l’armée, en novembre 2021, le président Mamadi Doumbouya rappelait notamment la participation de militaires guinéens aux luttes de libération en Angola, au Congo, au Mozambique et en Guinée-Bissau. Il évoquait également leur contribution aux efforts de retour à la paix au Liberia et en Sierra Leone.
Des missions qui dépassent la défense du territoire
La défense de l’intégrité territoriale demeure la mission fondamentale des Forces armées. Toutefois, leurs responsabilités ne se limitent pas à la protection des frontières. La loi L/2019/0031/AN du 25 juin 2019, relative à l’organisation générale et au fonctionnement des forces de défense en République de Guinée, définit un ensemble de missions qui couvrent également la protection des populations, les secours en cas de catastrophe, les opérations humanitaires et la participation aux missions de maintien de la paix.
Ce texte précise également l’organisation des Forces armées guinéennes autour de quatre composantes : les forces terrestres, aériennes, navales et la Gendarmerie nationale. Chacune dispose de responsabilités spécifiques, allant de la surveillance des frontières terrestres et maritimes à la protection de l’espace aérien, en passant par les missions de sécurité et de police judiciaire confiées à la Gendarmerie.
Cette diversité de missions traduit l’étendue des responsabilités confiées à l’institution militaire. Elle souligne aussi la nécessité de disposer de personnels formés, d’équipements adaptés et d’une organisation capable de répondre à des enjeux sécuritaires en constante évolution.
Professionnalisation et modernisation : les enjeux actuels
À l’occasion du 67e anniversaire, célébré en novembre 2025, la Présidence de la République avait mis en avant les réformes engagées depuis le 5 septembre 2021, avec pour objectifs affichés de renforcer la discipline, la professionnalisation et les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité. Le chef d’état-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, avait alors réaffirmé l’engagement de l’institution en faveur de la stabilité, de la paix et de l’unité nationale.
Ces orientations placent la formation, les conditions de travail des militaires, le renouvellement des équipements et l’amélioration des infrastructures parmi les enjeux importants de la transformation de l’armée. Leur mise en œuvre et leurs résultats concrets constituent toutefois des éléments qui nécessitent un suivi et des évaluations documentées.
Au-delà des cérémonies commémoratives, le 68e anniversaire invite ainsi à regarder le chemin parcouru, mais aussi les responsabilités qui accompagnent le rôle d’une armée dans un État. La discipline, le professionnalisme, le respect des institutions et la protection des citoyens figurent parmi les principes essentiels qui doivent encadrer son action.
En célébrant ce 1er novembre 2026, les Forces armées guinéennes rendent hommage aux générations de militaires qui ont contribué à leur construction et à leur évolution. Soixante-huit ans après leur création, leur histoire reste étroitement liée à celle de la République, tandis que les exigences de sécurité et de modernisation continuent de poser les bases des défis à venir.














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