Depuis près de 48 heures, les fortes pluies mettent à rude épreuve Conakry et sa périphérie. Plusieurs quartiers sont confrontés à des inondations, des axes routiers sont fortement perturbés et des habitations se retrouvent envahies par les eaux. Dans le Grand Conakry, la situation a également fait au moins un mort et quatre blessés, selon le bilan communiqué samedi par l’Agence nationale de gestion des catastrophes humanitaires (ANGUCH).
À Conakry, plusieurs axes sous les eaux
Dans la capitale, les images et constats effectués sur le terrain témoignent de l'ampleur des ruissellements.
À Sonfonia-Lac, une importante portion de la chaussée est recouverte par les eaux. Les véhicules ne peuvent progresser qu'avec beaucoup de précaution, certains passages ne pouvant être franchis qu'un par un et à très faible allure.
La situation est également préoccupante à Hamdalaye-Commandaya, où un taxi s'est retrouvé piégé dans les eaux.
Sur l'autoroute Fidel Castro, à hauteur de Sangoyah, d'importantes poches d'eau ralentissent également la circulation et compliquent les déplacements.
Ces difficultés viennent s'ajouter aux nombreux points identifiés comme particulièrement exposés par l'Agence guinéenne de gestion des routes (AGUISER), notamment Kobaya, Yattaya-Fossedet, Kiridi, Minière-Commandaya, Kissosso, Sig-Madina, Tombo, Dabompa-Lansanya Takoui et Sonfonia-Lac. L'agence recommande aux usagers de limiter leurs déplacements et d'éviter les zones à risque, sauf nécessité.
Des habitations envahies par les eaux
Les pluies ne se limitent pas aux routes. Plusieurs habitations ont également été touchées.
À Coyah, dans la zone de Bananeraie, relevant de Manéah, la rivière Kitema est sortie de son lit. Plusieurs concessions se retrouvent encerclées ou partiellement submergées par les eaux.
Dans la commune de Coyah, la situation est particulièrement difficile à Laminayah, Kalema, Foulawaya et Toungandé. Selon l'Agence guinéenne de presse, ces quartiers sont fortement isolés par la montée des eaux.
« La circulation est complètement bloquée »
Un témoignage recueilli samedi après-midi illustre la gravité de la situation sur l'axe Laminayah–Kalema–Foulawaya–Toungandé.
« La circulation est complètement bloquée par la montée des eaux », rapporte Sory Bangoura, cité par AvenirGuinée.
Le témoin alerte également sur la situation entre Foulawaya et Toungandé, où le courant rend le passage particulièrement difficile. Le pont reliant Fily à Toungandé est lui aussi fortement affecté.
Face à la montée des eaux, le témoin appelle les usagers à ne pas tenter de franchir les passages dangereux, estimant que le courant est très fort et que le niveau de l'eau continue d'augmenter.
Le pont Fily–Toungandé sous pression
Le cas du pont reliant Fily à Toungandé constitue l'un des points de préoccupation signalés sur le terrain.
Selon un responsable local cité par l'AGP, l'ouvrage a été fortement touché, ce qui complique les déplacements des populations.
Pour les habitants de cette zone, l'inquiétude ne concerne donc plus uniquement les difficultés de circulation : la montée des eaux fait également craindre une dégradation de certains ouvrages de franchissement.
Un bilan humain déjà lourd
La situation a également entraîné des conséquences humaines.
À 16h18 ce samedi, le directeur général de l'ANGUCH, Lancei Touré, a communiqué un premier bilan faisant état d'un mort et de quatre blessés dans les zones touchées de Conakry et Coyah.
Les autorités n'ont toutefois pas encore précisé les circonstances exactes du décès ni l'identité des victimes. Le bilan est donc susceptible d'évoluer au fur et à mesure des opérations d'évaluation et de secours.
Un abri temporaire ouvert pour les sinistrés
Face à la situation, les services de gestion des catastrophes ont commencé à prendre des mesures d'urgence.
À Coyah, la Maison des jeunes a été ouverte afin d'accueillir temporairement les personnes contraintes de quitter leurs habitations en raison de la montée des eaux.
Cette mesure intervient alors que plusieurs familles se retrouvent confrontées à des habitations inondées et à des déplacements devenus difficiles.
La vigilance reste de mise
L'Agence nationale de la météorologie avait placé Conakry, Coyah, Kindia, Dubréka, Forécariah et Boffa sous risque élevé d'inondation pour cette journée du 19 septembre.
Le système pluvio-orageux stationné sur la zone côtière continuait de générer des averses, faisant craindre de nouvelles difficultés dans les secteurs déjà fragilisés.
À Conakry comme dans sa périphérie, la consigne reste donc à la prudence : éviter les zones inondées, ne pas tenter de traverser les passages où le courant est fort et limiter les déplacements aux situations nécessaires.
Alors que les pluies se poursuivent, les autorités et les équipes d'intervention restent mobilisées pour évaluer les dégâts et porter assistance aux populations affectées.




































Comments powered by CComment