Mamadou Thug salue Baba Galé : le « gardien des traditions » qui a porté l’âme du Fouta Djallon à travers le monde

Mamadou Thug salue Baba Galé : le « gardien des traditions » qui a porté l’âme du Fouta Djallon à travers le monde

La Guinée a rendu un dernier hommage national à Boubacar Barry, plus connu sous le nom de Baba Galé, virtuose de la flûte pastorale et membre éminent du groupe Djéré Fouta. Lors des obsèques, l’Honorable Mohamed laminde Diallo, alias Mamadou Thug, artiste et membre du Conseil National de la Transition (CNT), a prononcé une oraison funèbre poignante, saluant la mémoire d'un « gardien des traditions » dont le talent a porté l’âme du Fouta Djallon à travers le monde.

De la brousse de Dinguiraye aux scènes internationales

Né en 1961 à Horé Koubi (Dinguiraye), Baba Galé n'était pas seulement un musicien, il était l'incarnation d'une culture. Mamadou Thug a rappelé avec émotion les origines modestes de l'artiste : c’est en gardant les troupeaux que le jeune Boubacar a fabriqué sa première flûte, transformant le silence de la brousse en mélodies éternelles.

« Entre la garde des troupeaux et la chasse aux oiseaux se dessinait déjà une vocation exceptionnelle », a souligné l'Honorable, rappelant que pour Baba Galé, la flûte était bien plus qu'un instrument : c’était « la voix de nos traditions et le souffle de nos bergers ».

Un pilier de la création musicale guinéenne

Le parcours de Baba Galé est marqué par des collaborations prestigieuses. Membre incontournable du groupe Djéré Fouta, il a mis son génie au service de formations iconiques telles que Conakry CocktailWontanara ou encore aux côtés de la légende Lama Sidibé.

Au-delà de la scène, Mamadou Thug a insisté sur la dimension pédagogique de l'homme. Enseignant passionné au centre « Foula Flûte », Baba Galé a consacré les trente dernières années de sa vie à la transmission de son savoir depuis son quartier de Hafia, formant des générations de jeunes musiciens.

Une perte immense pour la nation

Décédé des suites d'un tragique accident de la circulation, Baba Galé laisse derrière lui une veuve et neuf enfants. Mais il laisse aussi un vide immense dans le paysage culturel guinéen.

« Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement Horé Koubi et Dinguiraye qui pleurent. C’est toute la Guinée qui perd un immense artiste, un gardien des traditions », a déclaré Mamadou Thug, concluant son allocution par un vœu de pérennité pour l'œuvre du défunt : « Que sa flûte demeure à jamais le souffle vivant du Fouta Djallon. »

Avec la disparition de Baba Galé, c'est une page dorée de la musique pastorale qui se tourne, mais ses mélodies, gravées dans le patrimoine national, continueront de résonner par-delà les montagnes.

 

 

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