Ans-T Crazy après le Zénith : le FODAC répond et défend l’accompagnement de l’État

Ans-T Crazy FODAC
Malick Kébé, DG de FODAC - Après les déclarations d’Ans-T Crazy sur l’accompagnement de son Zénith de Paris, le FODAC répond et défend l’implication des institutions guinéennes.

Quelques jours après son concert au Zénith de Paris, Ans-T Crazy a relancé le débat sur l’accompagnement institutionnel dont il dit avoir bénéficié pour préparer cet événement. Dans un communiqué publié ce mercredi 23 septembre, le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC) répond aux déclarations de l’artiste et affirme que le ministère de la Culture a joué un rôle déterminant dans la réussite du spectacle.

Le concert d’Ans-T Crazy au Zénith Paris-La Villette, le 11 septembre dernier, avait été présenté comme un rendez-vous important pour la musique urbaine guinéenne. Quelques jours après l’événement, les discussions se déplacent désormais vers les coulisses de sa préparation et, notamment, sur le rôle joué par les institutions publiques.

Invité dans l’émission Telero de Kaback TV, l’artiste a reconnu l’accompagnement du FODAC, tout en estimant ne pas avoir bénéficié d’un accompagnement direct du ministère de la Culture.

Ans-T Crazy distingue le FODAC du ministère

Dans son intervention, Ans-T Crazy affirme que son équipe avait d’abord présenté le projet au ministère de la Culture et sollicité un accompagnement autour du concert.

L’artiste assure toutefois n’avoir pas reçu, selon ses déclarations, de soutien direct du ministre Moussa Moïse Sylla pour cet événement.

Il reconnaît en revanche le rôle joué par le FODAC, dirigé par Malick Kébé, dans l’accompagnement du projet, notamment dans certaines démarches liées à la préparation du concert.

Pour Ans-T Crazy, le soutien du FODAC ne doit cependant pas être confondu avec celui du ministère lui-même. Il estime notamment qu’un accompagnement institutionnel peut prendre différentes formes et ne se limite pas nécessairement à un financement.

Cette position intervient alors que le projet avait bien été présenté au ministre de la Culture plusieurs mois avant le concert. En avril 2026, le ministère avait indiqué avoir reçu Ans-T Crazy et son équipe pour examiner le projet de concert international au Zénith et avait présenté l’initiative comme un projet contribuant au rayonnement de la culture guinéenne à l’étranger.

Le FODAC apporte sa mise au point

Face à ces déclarations, le FODAC a publié ce mercredi 23 septembre le communiqué n°001/FODAC/2026, consacré à l’intervention de l’artiste.

L’institution directeur Général  Malick Kébé dit regretter les propos tenus par Ans-T Crazy et conteste l’idée selon laquelle le ministère serait resté sans implication dans la réalisation du concert.

Le FODAC affirme avoir mobilisé des moyens pour accompagner l’artiste dans les préparatifs et la concrétisation de son spectacle du 11 septembre.

Dans son communiqué, il présente cet accompagnement comme s’inscrivant dans la politique du ministère de la Culture visant à soutenir et à promouvoir les artistes guinéens sur les scènes internationales.

La question des visas au cœur de la réponse

Le FODAC met notamment en avant les démarches entreprises autour du déplacement de l’équipe d’Ans-T Crazy en France.

Selon l’institution, le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, aurait personnellement sollicité son homologue des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, afin de faciliter et d’accélérer l’obtention des visas pour l’équipe de l’artiste.

Cette implication des Affaires étrangères est corroborée par une communication publiée avant le concert : 20 visas avaient été obtenus pour Ans-T Crazy et son équipe WAK Boss Music, avec l’implication annoncée du ministre Morissanda Kouyaté.

Le FODAC considère ainsi que ces démarches constituent une forme d’accompagnement institutionnel du projet.

Deux lectures d’un même accompagnement

Au fond, les déclarations d’Ans-T Crazy et la réponse du FODAC semblent davantage révéler une différence dans la perception de ce que doit être l’accompagnement de l’État qu’une contestation de l’existence du soutien du FODAC.

L’artiste reconnaît explicitement l’appui du Fonds, mais considère que le ministère aurait pu jouer un rôle plus direct autour de son projet.

De son côté, le FODAC insiste sur les démarches institutionnelles réalisées avant le concert et rappelle sa propre mission : financer, développer et promouvoir les projets artistiques et culturels nationaux.

Cette distinction est importante, d’autant que le projet d’Ans-T Crazy avait été présenté au ministère dès avril avec une demande d’accompagnement institutionnel.

Le FODAC appelle les artistes à davantage de responsabilité

Dans son communiqué, le Fonds ne se contente pas de défendre son action.

Il invite également les artistes bénéficiant d’appuis publics à faire preuve de davantage de responsabilité et de rigueur dans leurs déclarations, estimant que les partenariats entre institutions et acteurs culturels doivent être préservés.

Le débat dépasse ainsi le seul cas d’Ans-T Crazy. Il pose une question plus large sur la relation entre les artistes guinéens et les institutions chargées de soutenir la création et l’exportation culturelle.

Alors que les artistes guinéens cherchent de plus en plus à investir les grandes scènes internationales, la clarification des rôles entre ministère de tutelle, FODAC et acteurs culturels apparaît comme un enjeu important pour structurer cet accompagnement.

Le Zénith d’Ans-T Crazy aura donc laissé une autre trace : au-delà du spectacle, il ouvre désormais une discussion sur la manière dont l’État accompagne ses artistes lorsqu’ils portent la culture guinéenne à l’international.

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