Détention d'Opinel 12 et Sagatala : « La place d’un artiste n’est pas entre quatre murs », soutient MC Freshh

Détention d'Opinel 12 et Sagatala : « La place d’un artiste n’est pas entre quatre murs », soutient MC Freshh

Le monde du rap guinéen traverse une zone de fortes turbulences. Suite à l’arrestation des rappeurs Opinel 12 et des membres du groupe Sagatala, accusés d'avoir tenu des propos injurieux lors de leurs récents clashs, les voix s’élèvent pour dénoncer une justice à « géométrie variable ». Parmi elles, celle de MC Freshh, qui sort du silence avec une déclaration explosive.

MC Freshh n’a pas mâché ses mots pour soutenir ses confrères actuellement aux mains des autorités. Tout en précisant qu’il choisit personnellement de « polir ses mots » par respect pour son public, le "Soleil du rap" guinéen martèle un principe fondamental : la liberté de créer est indivisible.

« Ils veulent museler notre art pourtant notre art n'a pas de limite et on ne le prend pas à moitié(...) La liberté de créer est un bloc de pierre et si une pierre tombe, c’est toute la maison qui tremble », prévient-il, rappelant que chaque artiste possède son propre univers et sa ligne éditoriale.

Ce qui indigne l'auteur du titre "Vice", c'est avant tout l'incohérence de la morale publique. Il pointe du doigt un système où l'insulte semble être récompensée pour certains (artistes, blogueurs, influenceurs), alors qu’elle est sévèrement punie lorsqu'elle émane d'un rappeur du quartier.

« Les plus gros insultologues dans ce pays sont biberonnés et certains même hissés au sommet... », dénonce-t-il, fustigeant au passage l'accueil royal réservé aux artistes étrangers dont les textes sont pourtant tout aussi vulgaires.

À travers ce coup de gueule, MC Freshh soulève une question profonde sur le statut de l'artiste en Guinée. Pour lui, ce climat d'oppression explique pourquoi tant de talents choisissent l'exil une fois arrivés en Occident. Selon lui, la justice guinéenne semble avoir un « marteau trop lourd » pour les rappeurs, mais devient « invisible » face aux dérives de ceux qui gèrent la cité.

En appelant à la clémence de l'État, l'artiste conclut sur une note d'espoir amer : la Guinée n'avancera pas en éteignant ses voix, mais en garantissant une justice égale pour tous, du fils du ministre au "petit" du quartier.

 

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