En séjour officiel en Guinée dans le cadre de démarches liées à leur naturalisation, les acteurs américains Meagan Good et Jonathan Majors se sont exprimés, à Conakry, lors d’un point de presse conjoint avec le ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla. Cette rencontre a permis de clarifier les contours du processus engagé, tout en mettant en lumière la dimension symbolique, mémorielle et culturelle de leur démarche.
Face aux médias, le ministre Moussa Moïse Sylla a rappelé que la naturalisation des deux artistes s’inscrit dans une procédure administrative encadrée par la loi guinéenne. Il a précisé que le processus est en cours et qu’il sera formalisé par un décret présidentiel, conformément aux textes en vigueur : « Le processus de naturalisation est bel et bien engagé. Il s’agit d’une procédure judiciaire, encadrée par la loi, qui aboutira à la prise d’un décret par le Président de la République. Cet acte solennel fera l’objet d’une cérémonie dédiée, même en leur absence, et nous le célébrerons dès qu’il sera effectif », a indiqué le ministre.
Au-delà des aspects administratifs, le ministre a inscrit cette initiative dans une réflexion plus large sur l’histoire et la mémoire collective. Évoquant les sites liés à la traite négrière et à la route de l’esclave, il a insisté sur leur rôle dans la transmission de l’histoire et la reconstruction des identités : « La Guinée, c’est aussi la route de l’esclave. (…) Certes, il s’agit d’un passé douloureux, mais pour nous, ces lieux sont aussi des espaces où puiser l’énergie nécessaire pour construire l’avenir. Ce ne sont pas des lieux de lamentation, mais des lieux de réaffirmation de soi », a-t-il souligné, rappelant le devoir de transmission de cette mémoire.
Prenant la parole, Meagan Good a évoqué une expérience profondément personnelle, décrivant la Guinée comme un espace de reconnexion et d’appartenance. Pour l’actrice et productrice, la naturalisation dépasse le cadre administratif et s’inscrit dans une volonté de réappropriation du récit africain et afro-descendant.
Elle a souligné le rôle central de la culture et du cinéma dans la transformation des regards et la transmission des histoires, estimant que les industries créatives constituent des leviers puissants pour porter les récits africains sur la scène internationale.
Jonathan Majors a, pour sa part, décrit son séjour comme un « retour à la maison », saluant l’accueil qui lui a été réservé ainsi que la richesse culturelle et paysagère du pays. Selon lui, ces atouts constituent une base solide pour le développement du cinéma et des industries culturelles.
Attaché au rôle social des arts, l’acteur a rappelé que la création artistique participe à la construction des sociétés et à la transmission des valeurs. Il a insisté sur l’importance de l’éducation artistique et de la structuration des récits locaux : « La Guinée dispose d’un potentiel culturel considérable. Les arts peuvent y jouer un rôle essentiel dans la formation des citoyens et la préservation des identités », a-t-il affirmé.
À travers cette prise de parole conjointe, se dessine une volonté partagée entre les autorités culturelles guinéennes et les deux artistes : faire de la culture un vecteur de rayonnement, de transmission et de dialogue entre la Guinée, sa diaspora et le reste du monde.
Entre mémoire historique et projection contemporaine, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à positionner la Guinée comme un espace de création et de réflexion culturelle, ouvert aux collaborations internationales et ancré dans ses propres récits.












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