Le promoteur culturel guinéen Tidiane Soumah, patron de Tidiane World Music, a récemment pris la parole pour interpeller les diffuseurs de spectacles vivants en Guinée sur une pratique qu’il juge préjudiciable : l’achat et la distribution massive de billets gratuits par des mécènes lors des concerts
Fort de plus de trois décennies d’expérience dans l’organisation d’événements, il estime que cette habitude fragilise l’économie du spectacle et nuit à la perception réelle de la valeur des artistes. « Les billets gratuits, en partie, sont une mauvaise pratique. Cela casse la valeur commerciale du concert et ne permet pas de connaître l’audience réelle », souligne-t-il.
Une pratique aux effets pervers
Selon le promoteur, ces invitations finissent souvent par alimenter un marché parallèle. Les bénéficiaires, n’ayant pas toujours un réel intérêt pour l’événement, revendent les billets à bas prix aux abords des salles. Résultat : des concerts parfois pleins en apparence, mais avec des recettes faibles, voire inexistantes. « On peut voir un lieu rempli, mais zéro dans la caisse », déplore-t-il, pointant du doigt une dévalorisation progressive du spectacle vivant.
Plaidoyer pour une professionnalisation du secteur
Face à cette situation, Tidiane Soumah appelle à une meilleure structuration du secteur, en s’appuyant sur des pratiques plus rigoureuses. Il cite notamment l’usage de bracelets à usage unique, une méthode qu’il affirme avoir contribué à introduire en Guinée, et qui aurait participé au succès de certains concerts majeurs organisés à Nongo.
Pour lui, les partenaires et mécènes doivent privilégier un accompagnement financier direct, en contribuant aux coûts de production, plutôt que de recourir à des distributions partielles de billets gratuits qui brouillent la lisibilité économique des événements.
Un appel à l’écoute dans le milieu culturel
Au-delà de la question des billets, le patron de Tidiane World Music déplore un manque d’écoute dans l’écosystème du showbiz guinéen. Il invite les acteurs du secteur à tirer profit des expériences accumulées et à adopter des approches plus professionnelles pour garantir la viabilité des événements.
« Le monde évolue », rappelle-t-il, appelant à une prise de conscience collective afin de préserver la valeur du spectacle vivant et de mieux structurer une industrie culturelle en pleine mutation.












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