Moustapha Bangoura, directeur artistique adjoint et chorégraphe des Ballets Africains,
Moustapha Bangoura, directeur artistique adjoint et chorégraphe des Ballets Africains,

Renaissance des Ballets Africains : Moustapha Bangoura nous plonge dans les coulisses de « Mansa Moussa »

Après plus de deux décennies d’absence sur les grandes scènes internationales, les Ballets Africains de Guinée ont effectué un retour remarqué à l’occasion de la 14e édition du Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA) à Abidjan. La troupe mythique y a présenté son nouveau spectacle intitulé « Mansa Moussa », une création qui s’inscrit dans une dynamique de renaissance artistique.

Face au public du Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié, les artistes ont livré une prestation saluée, marquant ainsi une étape importante dans le repositionnement de cette formation emblématique du patrimoine culturel guinéen.

À l’issue de la représentation, Moustapha Bangoura, directeur artistique adjoint et chorégraphe des Ballets Africains de Guinée, s’est confié au micro de Gnakrylive. Il est revenu sur la genèse de cette nouvelle création, inspirée d’une figure majeure de l’histoire africaine.

« C’est une nouvelle création que nous avons voulu consacrer à Mansa Moussa, l’empereur du Mali. Nous nous intéressons aux grandes figures de l’histoire africaine. Nous avons déjà travaillé sur Soundiata Keïta ou encore sur des tableaux liés à la forêt sacrée, mais cette fois-ci, nous avons voulu aborder un sujet qui n’avait jamais été traité par la troupe », explique-t-il.

À travers ce spectacle, les Ballets Africains poursuivent leur mission de valorisation des récits historiques du continent, en les traduisant en langage chorégraphique et musical. Une démarche qui s’inscrit dans l’héritage laissé par Keïta Fodéba, fondateur de la troupe en 1942.

« Les Ballets Africains restent une référence. Aujourd’hui encore, de nombreuses troupes s’inspirent de cette création. À chaque nouvelle œuvre, nous essayons d’apporter une dimension nouvelle tout en restant fidèles à cette identité », souligne Moustapha Bangoura.

Le retour au MASA revêt également une dimension symbolique, après une longue absence liée notamment aux contraintes de programmation et de diffusion internationale.

« Cela faisait plus de vingt ans que nous n’étions pas présents sur le marché international. Ce retour est important pour nous. Nous remercions la Côte d’Ivoire pour l’accueil. Même si le format était plus court que nos spectacles habituels, nous avons tenu à montrer l’essentiel », précise-t-il.

Habituellement conçus pour des représentations de près de deux heures, les Ballets Africains ont ici adapté leur prestation à un format d’environ 45 minutes, dans un programme partagé avec d’autres troupes.

Derrière « Mansa Moussa », se cache un long travail de recherche et de création, mené sur plus d’une année. Casting, formation de nouveaux talents, écriture chorégraphique et composition musicale ont été au cœur du processus.

« Il y a eu tout un travail en amont. Nous avons procédé à un casting pour intégrer de nouveaux danseurs et assurer la continuité avec les anciennes générations. Ensuite, il a fallu faire des recherches, consulter des spécialistes, des griots, pour bien comprendre l’histoire avant de la mettre en scène », détaille le chorégraphe.

« La chorégraphie, c’est aussi une fusion entre la danse et la musique. Il faut une cohérence entre les mouvements, les rythmes et le récit. C’est un travail de longue haleine », ajoute-t-il.

Avec ce retour au MASA, les Ballets Africains de Guinée réaffirment leur volonté de retrouver une place de choix sur la scène internationale. Entre transmission, création et valorisation de l’histoire africaine, la troupe entend inscrire cette nouvelle étape dans la durée.

 

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