À Brazzaville, la justice a frappé un grand coup dans le monde du football. L’ancien président de la Fédération Congolaise de Football, Jean-Guy Blaise Mayolas, a été condamné mardi 10 mars à la réclusion criminelle à perpétuité pour
blanchiment d’argent, détournement de fonds et faux en écriture. Cette décision, rendue après huit mois d’enquête et un long procès, constitue un séisme pour le football congolais.
Selon le tribunal, l’ex-dirigeant est reconnu coupable d’avoir détourné près de 1,3 million de dollars provenant de fonds alloués par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) afin de soutenir le football national durant la pandémie de COVID-19. Ces ressources devaient notamment servir au développement du football féminin et à la construction d’un centre technique. Les magistrats estiment toutefois que l’argent a été détourné puis blanchi via un système frauduleux.
Absent lors de l’audience, Jean-Guy Blaise a été jugé par contumace. Le tribunal a prononcé la même peine de réclusion criminelle à perpétuité contre son épouse et son fils, tous deux reconnus coupables d’avoir participé au dispositif de fraude.
L’affaire révèle, selon la justice, un système profondément enraciné au sommet de la FECOFOOT. D’autres responsables ont également été sanctionnés. Le secrétaire général, Badji Mombo Wantete, ainsi que le trésorier, Raoul Kanda, ont chacun été condamnés à cinq ans de prison, leur implication étant jugée moins centrale mais néanmoins déterminante dans la gestion des fonds détournés.
Tensions politiques,football fragilisé
Le mandat de Jean-Guy Blaise Mayolas avait déjà été marqué par de fortes tensions avec le ministre des Sports, Hugues Ngouelondélé. Ces conflits institutionnels avaient paralysé le fonctionnement du football national et contribué à une période d’instabilité au sein de la fédération.
Les conséquences se ressentent également sur le plan sportif. L’équipe nationale du République du Congo occupe désormais la 134ᵉ place au classement mondial de la FIFA, un recul significatif pour une nation autrefois respectée sur la scène continentale. La sélection peine à retrouver sa compétitivité, et ce nouveau scandale pourrait encore compliquer la reconstruction du football congolais.
Désormais recherché par la justice, Jean-Guy Blaise Mayolas laisse derrière lui une fédération fragilisée et un football national en quête de crédibilité.












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