Cinéma guinéen : cap sur une industrie structurée pour la 6ème édition !

Cinéma guinéen : cap sur une industrie structurée pour la 6ème édition !

Et si le cinéma guinéen entrait dans une nouvelle ère ?


À l’occasion de la 6ᵉ édition du Salon du cinéma guinéen, les acteurs du secteur ont affiché une ambition claire : passer d’une dynamique encore fragile à une véritable industrie organisée, capable de produire, diffuser et valoriser ses propres œuvres.

Réunis dans la soirée du samedi 28 mars, à la Maison de l’oralité « Koumakan », à Conakry, les initiateurs du Salon ont d’abord pris le temps de regarder dans le rétroviseur. Après cinq éditions, l’événement s’est imposé comme un espace de rencontres et de réflexion pour les professionnels du 7ᵉ art. Mais derrière les avancées, le constat reste lucide : beaucoup reste à faire pour structurer durablement le secteur.« Le Salon du cinéma guinéen a encore du chemin à parcourir », reconnaissent les organisateurs, évoquant des chantiers encore en expérimentation, notamment dans les domaines de la formation, du financement ou encore de la coproduction internationale. Pour eux, l’enjeu est désormais clair : transformer les idées en actions concrètes.

Dans cette dynamique, Phoenix Vision, structure organisatrice du Salon du cinéma entend jouer un rôle central. Son président, Oumar Kourouma, rappelle que le potentiel est bien réel, mais encore insuffisamment encadré.« Le cinéma guinéen regorge de talents, mais ces talents ont besoin d’un cadre, d’opportunités et d’accompagnement », souligne-t-il, insistant sur la nécessité de créer des passerelles entre les professionnels et de renforcer les compétences.

L’édition 2026 du Salon s’inscrit justement dans cette logique de structuration. Portée par le thème « Bâtir l’industrie du cinéma en Guinée », elle marque une évolution assumée : il ne s’agit plus seulement d’accompagner, mais de construire.« Nous ne sommes plus seulement dans l’accompagnement, nous sommes dans la construction », insiste Hadja Diariou, présidente du comité de pilotage.

Concrètement, le Salon adopte une nouvelle formule en deux temps. Une première étape à Kindia, orientée vers la formation de base, précédera une phase principale à Conakry, dédiée aux enjeux professionnels : marché du film, panels, rencontres et formations spécialisées. Une approche progressive qui traduit une volonté d’ancrer les compétences sur l’ensemble du territoire. Au-delà du format, c’est un choix stratégique qui se dessine : concentrer les efforts sur trois maillons clés production, diffusion et distribution. Un triptyque jugé indispensable pour sortir d’un système où les œuvres existent, mais peinent à atteindre leur public.« Sans diffusion, il n’y a pas d’industrie », résume Hadja Diariou.

Autre innovation : la volonté de rapprocher le Salon du Festival international de films, afin de créer un grand rendez-vous annuel du cinéma guinéen. D’un côté, un espace professionnel pour structurer le secteur ; de l’autre, une vitrine artistique pour célébrer les œuvres. Derrière ces initiatives, une ambition plus large se dessine : positionner la Guinée comme un acteur crédible du paysage cinématographique ouest-africain. Le rapprochement avec le Sénégal et l’ouverture à des collaborations régionales s’inscrivent dans cette perspective. Au fond, l’enjeu dépasse le simple cadre culturel.« UN PAYS QUI RACONTE SES HISTOIRES AFFIRME SA PLACE DANS LE MONDE », rappelle Hadja Diariou.

Reste désormais à transformer cette vision en réalité. Entre ambitions affichées et défis structurels, le cinéma guinéen semble à un tournant décisif. Et pour ses acteurs, le temps des intentions laisse progressivement place à celui de la construction.

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