Placée sous le thème : « Lire la terre, semer le savoir : quand la lecture fait germer l’agriculture », la sixième édition du Salon de la lecture (SALEC) s’annonce à la fois culturelle, éducative et résolument tournée vers le développement.
Prévu du 7 au 10 avril au Palais du Peuple de Conakry, l’événement réunira dix pays, une première à cette échelle, afin de célébrer le livre dans toute sa diversité. L’annonce a été faite ce lundi lors d’une conférence de presse animée par la commissaire générale, Kadiatou Kaba, qui a dévoilé les grandes orientations de cette édition ambitieuse.
À cette occasion, la présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, Hélène Lobé, a invité le public à s’approprier pleinement ce rendez-vous littéraire. Elle a salué une initiative qui contribue à promouvoir la lecture et à nourrir la passion des lettres. « Nous sommes heureux, nous, membres de la délégation ivoirienne, de soutenir cette belle initiative. Avec cette sixième édition, le SALEC prend de plus en plus ses lettres de noblesse. Encourager la lecture, c’est éveiller les consciences et préparer l’avenir. Tout se trouve dans les livres », a-t-elle déclaré, tout en félicitant Kadiatou Kaba et son équipe.
Commissaire générale du Salec, Kadiatou Kaba a défendu une démarche constructive face aux idées reçues sur le désintérêt pour la lecture. Elle a expliqué que le SALEC est né d’un constat souvent répété, selon lequel les Guinéens et les Africains n’aimeraient pas lire. Une affirmation qu’elle remet en question, en soulignant le manque d’infrastructures adaptées. « Lorsque nous avons mené des enquêtes dans les établissements scolaires, nous avons constaté que huit écoles sur dix ne disposent pas de bibliothèques. Comment un élève peut-il développer le goût de la lecture sans accès aux livres ? », s’est-elle interrogée.

Cette édition innove également en établissant un lien entre culture et agriculture, deux secteurs jugés complémentaires. Pour Kadiatou Kaba, « culture et agriculture ont en commun l’inspiration et la transpiration ». L’objectif est d’encourager les jeunes à percevoir l’agriculture comme un levier de développement et d’autonomisation, notamment dans un pays aux terres fertiles. Une vision en phase avec les ambitions nationales, à l’image du programme Simandou 2040, qui fait de l’éducation et de l’agriculture des piliers stratégiques.
Bernard Beavogui, directeur général du CELPAC et représentant du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, a salué la portée de cet événement qui, selon lui, « polarise aujourd’hui l’attention au niveau africain et international ». Rendant hommage à la commissaire générale, il a rappelé que « l’important n’est pas seulement de créer, mais de faire grandir ». Il a également exhorté les journalistes à renforcer leur pratique de la lecture : « Un bon journaliste est d’abord un bon lecteur ».

Enfin, plusieurs figures du monde littéraire venues de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Rwanda et du Maroc, ainsi que des acteurs culturels guinéens, des entrepreneurs agricoles et des ambassadeurs du SALEC, ont pris part à cette rencontre. Tous ont réaffirmé leur engagement en faveur de la promotion de la lecture et du développement agricole.












Comments powered by CComment