L'écrivain Guinéen Tierno Sadou Diallo connu pour sa plume très critiques à l'encontre des présidents africains qui optent pour un mandat à vie ou qui violent les principes de la démocratie, ne compte pas lâcher prise. Avec le pouvoir actuel, les mots sont durs.

 

 

Après les élections présidentielles du 18 octobre, le pays est confronté à une crise post-électorale, ce qui amène cet homme de lettre à écrire ces mots, dont on vous propose l'extrait.

 

« Inutile de chercher dans notre merdier électoral les chiffres qui corroborent le triomphe que clame le tyranneau de Sékoutouréyah. Ils sont connus d’avance. Ces cyniques les ont   inventés et notés bien avant la mascarade du 18 octobre.

 

Ceci n’est rien moins qu’un putsch. Tous les signes qui le montrent sont là : Internet coupé, réseaux téléphoniques perturbés, villes et villages quadrillés par les forces de l’ordre etc.

 

Tout ça pour une simple élection !

 

L’aveu est fait, Alpha Condé se présente aux yeux du monde entier comme un despote, un petit Pinochet des Tropiques. Sa nouvelle Constitution est une escroquerie, ses élections, du pipeau. Un président qui fait appel à l’armée est un président mal élu. Un président qui coupe les canaux de communication est un président qui a des choses à cacher. Un président qui fait tirer sur son propre peuple est un président criminel. Un président qui fait kidnapper ses opposants par des hommes cagoulés est un président voyou. Un président qui prend en otage son concurrent légal est un président terroriste. Un président qui viole la Constitution de son pays est un président indigne de sa citoyenneté. Un président qui triche aux élections est un président escroc.

 

Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, Alpha Condé mérite sinon la CPI, du moins la réprobation des grands de ce monde.

 

 

Rien de tout cela. Rien sur l’illégalité du troisième mandat. Rien sur la publication dans le journal Officiel d’une Constitution falsifiée. Rien sur l’interdiction faite à Cellou de fouler le sol de Kankan, rien sur sa séquestration. Rien sur le barrage fait à Ousmane Kaba, devant les portes de Siguiri. Rien sur les tueries d’hier et d’aujourd’hui. Rien sur la réquisition de l’armée dans la sanglante répression en cours. Rien sur la belliqueuse harangue que le petit chef du RPG a faite à ses partisans : « Nous n’allons pas à une élection, nous allons à la guerre ! »

 

L'auteur des romans "crapaud brousse " ou encore " les écailles du ciel" a conclu chez nos confrères du site VisionGuinee en disant que "c'est maintenant que le combat commence"

 

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