Le chapiteau du Palais du Peuple a accueilli, ce jeudi, un événement à forte portée symbolique : le lancement officiel de la première vague du pilier 2 du programme Simandou 2040, dédié à la culture, au tourisme et à l'artisanat. La cérémonie, présidée par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet à la Présidence, a réuni membres du gouvernement, partenaires techniques et financiers et acteurs culturels autour d'une même conviction : la culture n'est plus un secteur secondaire, mais un pilier de souveraineté nationale.
L'identité culturelle comme socle de souveraineté
C'est Mamadou Angelo Diallo, coordinateur de la Delivery Unit, qui a ouvert les interventions en situant ce lancement dans la vision présidentielle. Pour lui, aucune nation ne peut revendiquer sa souveraineté sans s'appuyer d'abord sur son identité culturelle :
« Le premier socle d'une souveraineté nationale, c'est notre identité culturelle. C'est cette identité culturelle qui nous permet de définir nos valeurs, de protéger nos valeurs et d'être une nation aux yeux des autres. »
Il a insisté sur la nécessité de transformer cette vision en actes concrets, assurant que la Delivery Unit accompagnerait le ministère dans la mise en œuvre de chaque projet annoncé.
Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a quant à lui replacé l'événement dans le cadre global du programme Simandou 2040, qu'il a qualifié de transformation économique sans précédent : 122 mégaprojets, plus de 200 milliards de dollars d'investissements sur 15 ans, répartis en trois vagues la première mobilisant à elle seule près de 65 milliards de dollars.
Sur ces bases, son ministère pilotera 35 projets structurants : 13 dans la culture, 19 dans le tourisme et 3 dans l'artisanat, pour un investissement global avoisinant les 2 970 milliards de francs guinéens.
Mais au-delà des chiffres, le ministre a tenu à souligner la dimension symbolique du moment, estimant que la perception de son ministère a profondément changé sous l'impulsion du chef de l'État :
« Il fut un temps où être nommé à la tête du ministère de la Culture était perçu dans certains cercles comme une forme de disgrâce. Ce temps est révolu. Car il a compris que la culture n'est pas un ornement de la nation, elle en est la colonne vertébrale. »
Parmi les annonces, la présentation de la maquette du futur Palais de la Culture et des Arts Mamadi Doumbouya a marqué les esprits. L'infrastructure, présentée comme la plus ambitieuse jamais financée dans le secteur culturel guinéen depuis l'indépendance, disposera de 5 000 places assises en intérieur et de plus de 20 000 places en extérieur, avec une vocation élargie : spectacles, congrès, conférences et sommets internationaux.
« Depuis 1958, c'est la première fois qu'un chef de l'État consent à financer une infrastructure culturelle d'une telle envergure. C'est énorme », a insisté Moussa Moïse Sylla.
Le programme prévoit également la création de musées dans chaque capitale régionale, afin de valoriser les identités locales et renforcer la cohésion nationale. Plusieurs sites emblématiques ont été cités : le monument Nimba sur le plateau de Koloma, le musée national de Sandervalia, le musée du Balafon de Sosso-Balla à Niagassola, l'espace multiculturel de la Mamaya à Kankan, ou encore le centre des rythmes et danses du Hamana à Kouroussa.
Côté artisanat, l'ambition est tout aussi claire : « Nous faisons le pari de passer de l'artisanat de subsistance à une filière créative et exportatrice », a affirmé le ministre.
Le tourisme, un potentiel encore sous-exploité
Avec plus de 400 sites touristiques dont 274 sites naturels, 13 sites historiques et 333 kilomètres de côtes la Guinée dispose d'atouts considérables, mais qui ne représentent aujourd'hui que moins de 1 % du PIB national. Le gouvernement vise désormais 300 000 visiteurs par an à l'horizon 2030, contre environ 200 000 en 2022, via des réformes réglementaires, la classification des établissements hôteliers et la formation des professionnels du secteur.
Un appel direct aux investisseurs
Le ministre n'a pas manqué l'occasion d'inviter les opérateurs économiques, nationaux comme internationaux, à se positionner :
« Venez construire des hôtels à Conakry, à Kindia, à Labé, à N'Zérékoré. Venez investir dans des lodges d'écotourisme au cœur du Fouta-Djalon. Venez créer des centres artisanaux, des galeries d'art, des espaces culturels. »
Un lancement placé sous le sceau présidentiel
C'est le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence, qui a procédé au lancement officiel, au nom du chef de l'État. Il a rappelé que la vision présidentielle articule développement économique et préservation de l'âme culturelle de la nation : « Une société, son âme même, c'est sa culture. »
Avec ce lancement, la Guinée pose ainsi les premières pierres d'une stratégie qui entend faire de son patrimoine culturel non plus un simple héritage à préserver, mais un véritable moteur de développement et de rayonnement international.












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