La tenue des élections locales se fait attendre depuis plus d'une décennie. Une situation entretenue dans un total manque de volonté politique des gouvernants. Au même moment, le pays est plus que jamais confronté à une mal gouvernance accrue de la chose publique. Entre autres mobiles qui ne saurait laisser indifférents des jeunes soucieux du développement de la Guinée.

 

 

Réunis au sein de plateformes de la Société civile et d'autres structures comme la Jeunesse s'organise maintenant pour son avenir (Jomaa), S'unir ou périr, ces jeunes entendent marcher le 17 juillet 2017 sur l'autoroute Fidel Castro Ruz de Conakry jusqu'à Sèkhoutouréya, pour exiger la tenue de ces tumultueuses échéances, mais aussi dénoncer les promoteurs d'un 3e mandat. Gnakrylive a rencontré un des meneurs de ce mouvement.

 

Entrevue !



Gnakrylive : Vous projetez une marche pacifique le 17 juillet prochain. Quelle est la réelle motivation ?

 

Elie Kamano : La motivation d'abord, c'est qu'on est fatigué. Les élections tardent à se tenir. Il y a crise au niveau de la Ceni. Le pays va mal, et très mal d'ailleurs. Les gens vivent dans une précarité qui ne dit pas son nom, caractérisée par une insalubrité totale. Au même moment, il y a les promoteurs d'un éventuel 3e mandat qui nous tympanisent pendant que nous sommes dans une situation insupportable à laquelle on ne trouve toujours pas de solution. Et on nous parle de 3e mandat. Ça veut dire que c'est l'idée qui est aujourd'hui en train de s'emparer petit-à-petit de la cité. Donc, si on ne se lève pas, on ne fait rien, nous serons jugés responsables de ce qui va advenir. Ce ne sera pas une manifestation violente. Il s'agit tout simplement de sortir tout le monde dans la rue pour interpeller ces dirigeants. On vient de voir les maliens. Ils ont marché. Ils n'ont rien cassé. Les autorités étaient là. Et les jeunes ont marché pour prouver à IBK qu'ils veillent à ce que leur Constitution ne soit pas touchée. C'est une manifestation de ce genre qu'on fera. Je vais commencer la communication d'ici à vendredi.


Quelle assurance avez-vous à donner à l'opinion publique nationale comme quoi il n'y a pas de mains noires d'hommes politiques tapis dans l'ombre, et qui soutiennent ce projet de marche?

 

Non, mon ami ! Il n'y a jamais eu de mains dans ce que je fais, moi. Aucun opposant guinéen n'aimerait me donner de l'argent sans vouloir s'afficher avec moi. C'est clair ! Parce qu'en fait, le résultat qu'un homme politique attend d'une personne célèbre comme moi, c'est de s'afficher avec lui. Le président de la République, s'il me donne de l'argent, c'est pour que je m'affiche avec lui à Sèkhoutouréya. Mais tel n'est pas le cas chez Elie. Je n'ai jamais fait la campagne d'un leader politique. Donc, tout ce que je fais, c'est vraiment citoyen.



Cette manifestation ne témoigne-t-elle pas de l'envie d'Elie Kamano d'entamer lui aussi son mandat, parce qu'il veut briguer la mairie de la plus grande commune du pays, Matoto ?

 

Pas forcément cela. Tout compte fait, j'ai commencé à lutter dans ce pays bien avant que je n'aie l'ambition de briguer la mairie de Matoto. Il faut qu'on arrête de donner une certaine connotation politique aux actes des uns et des autres. Je ne suis pas un politicien. Je suis artiste. Ce que je sais faire, c'est éveiller la conscience de nos concitoyens. Si aujourd'hui parmi les revendications que nous allons faire il y a l'organisation des élections, mais c'est normal. A quoi s'attend Alpha Condé ou qu'est-ce qu'il a à gagner à ne pas organiser les élections communales pendant qu'il est à son dernier mandat ? Ça, c'est une question. Pourquoi des millions et des millions de dollars qu'ils prennent ici, sont logés dans des banques à l'étranger ? Pourquoi ils ne peuvent pas assainir la ville de Conakry ? Pourquoi ils ne peuvent pas aider la population guinéenne ? Pourquoi ils ne veulent pas nous faire profiter ? Pourquoi les Guinéens doivent aller toujours en aventure, mourir dans la Méditerranée ? Pourquoi c'est toujours nous ? Donc, devant toutes ces questions, je pense que l'interprétation politique n'a pas sa place là. Nous allons faire donc ce mouvement de façon citoyenne, et voilà. J'invite donc l'ensemble des jeunes épris de vertus démocratiques à se joindre à nous pour mener ce combat.



Par Mady Bangoura

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