Ce samedi 13 juin, lors de la cérémonie de clôture des « 72h des Mobilités » au Centre Culturel Franco-Guinéen événement porté par l'ambassade de France en Guinée, l'équipe France et la structure Made-up Amadou Niangadou a pris la parole devant un public de jeunes entrepreneurs. Co-fondateur et directeur général de la marque Anènè depuis 2017, il n'est pas venu raconter un succès. Il est venu raconter un chemin.
Diplômé en Histoire des Relations Internationales à l'université Général Lansana Conté de Sonfonia, Amadou Niangadou rêvait de poursuivre ses études en France ou aux États-Unis. Son père en a décidé autrement : direction Accra, pour des cours de langues. Une décision qui allait changer le cours de sa vie.
Au Ghana, loin de ses repères, il découvre une autre façon de concevoir le travail. Une phrase l'y a définitivement marqué, et il la porte encore : « Dormir c'est bien pour se reposer, mais il faut se réveiller pour travailler très tôt. »
Cinq mois sans stage. Un seau d'eau comme réponse.
De retour en Guinée, bilingue et déterminé, il se retrouve pourtant face à un mur : cinq mois sans décrocher le moindre stage. Plutôt que de s'enliser dans l'attente, il se pose trois questions : qu'est-ce qui marche ? Qu'est-ce qui ne marche pas ? Qu'est-ce que je peux faire avec ce que j'ai ?
La réponse le surprend lui-même. Il appelle sa mère pour convaincre son père de lui acheter une machine à laver les voitures. Sa mère, interloquée, demande confirmation. Oui il va laver des voitures.
Le premier jour, il publie des images de son activité sur les réseaux sociaux. La réaction est immédiate : l'incrédulité laisse vite place à la curiosité, puis à l'engouement. Avec des amis, il structure la dynamique et crée une marque : Anènè. Aujourd'hui, elle habille la quasi-totalité des stars guinéennes et dispose de ses propres boutiques.
Un entrepreneur aux multiples casquettes
Anènè n'est pourtant qu'un chapitre de l'histoire. Amadou Niangadou dirige aujourd'hui plusieurs structures en parallèle : PDG de SOCOFUT SARL (Société de Construction de Futur) depuis 2024, fondateur de la start-up Drop Drop Taxilancée début 2025, représentant en Guinée du réseau GSA, Guineans Succeeding in America depuis 2021, et directeur des projets de l'ONG THEE BEE PROJECT, dont le siège est à New York, depuis 2013.
Un profil atypique, construit non pas sur des diplômes ou des relations, mais sur une capacité rare à voir des opportunités là où d'autres ne voient que des obstacles.
Une leçon au-delà du parcours
Ce que l'histoire d'Amadou Niangadou dit, au fond, c'est que le point de départ importe peu. Ce qui compte, c'est la décision de commencer même avec un seau d'eau et une machine à laver. Dans une Guinée où la jeunesse attend trop souvent que les portes s'ouvrent, il a choisi de construire les siennes.












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