Touba, localité chargée d’histoire, abrite l’une des plus anciennes mosquées de Guinée. Construite en 1822, la Grande Mosquée de Karamakhoba, fragilisée par le temps, fait aujourd’hui l’objet d’un vaste projet de réhabilitation porté par l’association Diakspora, un collectif de jeunes Djakankés issus de la diaspora.
Fondée en 2017, l'association Diakspora rassemble des membres originaires de Guinée, de Gambie et du Sénégal, vivant pour la plupart en France. L’association s’est donnée pour mission de renforcer les liens communautaires, de promouvoir la transmission culturelle et religieuse, et de contribuer au développement social. La restauration de la mosquée s’inscrit dans cette vision, mêlant devoir de mémoire et responsabilité collective.
Le projet a été officiellement présenté le dimanche 19 janvier à Conakry, lors d’un point de presse tenu en présence de sages de la communauté et de plusieurs personnalités publiques. Pour les initiateurs, le choix de la capitale n’est pas anodin. « Ce projet dépasse Touba », a expliqué Baba Guirassy, président de Diakspora. La mosquée, selon lui, appartient au patrimoine national et symbolise une part essentielle de l’histoire spirituelle guinéenne.
Les travaux envisagés sont vastes. Selon le chef de projet, Moustapha Diaby, il s’agit d’une réhabilitation complète d’un édifice vieux de plus de deux siècles, dont la dernière grande modification remonte à la fin des années 1980. Le coût global est estimé à 1,5 million d’euros. Grâce à une mobilisation communautaire et à l’appui de personnes de bonne volonté, plus d’un million d’euros ont déjà été réunis, principalement sous forme de contributions volontaires.
Diakspora lance désormais un appel élargi, à destination des donateurs, des partenaires institutionnels et de l’État, afin de combler le financement restant. Les responsables précisent que les dons en matériaux de construction sont également acceptés. Un calendrier a été établi : le fidaw de Touba se tiendra du 20 au 23 janvier, suivi d’une conférence d’érudits le 24 janvier, avant la pose de la première pierre prévue le 25 janvier.
Au-delà du chantier, le projet pose la question plus large de la préservation des lieux historiques en Guinée et du rôle croissant de la diaspora dans la sauvegarde du patrimoine national.













Comments powered by CComment