"C'est étrange. Ne me dis pas le contraire Fernando. Je dirais que c'est même magnifiquement étrange. Nous sommes là, tous les 2, sur le point de nous affronter pour le dernier match de ta carrière. À l’autre bout du monde. C'est comme si la vie nous avait emmené jusqu'au Japon pour nous dire adieu. Le football nous a unis il y a plus de 20 ans, quand nous étions des enfants. Eh bien, tu seras pour toujours ‘El Niño’ (le gamin). Et nous nous ne séparerons jamais.

 

Nous nous sommes rencontrés quand nous avions des rêves fous. Souviens-toi de ce but que tu nous as marqué lors de l'Euro U16 avec la sélection, en Angleterre. Je n'oublierai jamais que tu m'as dédié ce but. Je l'ai vu à la TV car j'ai dû rentrer à la maison en raison d’une blessure. Rappelle-toi, Fernando, ce maillot signé à Trinité-et-Tobago avec une promesse qui semblait irréalisable. Mais nous l’avons fait. Et depuis, toujours ensemble. Vienne en 2008. Johannesburg en 2010. Cette passe inoubliable de Xavi pour donner raison au sage, au savant, Luis Aragones. Ton centre en 2010 en finale pour que nous marquions le but le plus important de nos vies.

 


Séparés, mais toujours ensemble. Et jusqu'au dernier moment. Au-delà des maillots ou des clubs. On vivait dans des villes différentes. Toi à Madrid. Moi à Barcelone. Mais nous n’avons jamais été ennemis. Simplement des amis qui portaient un maillot différent, mais toujours fusionnés, ça oui, dans une peau rouge. Ou ‘Rojita’ comme on aime l’appeler.

 

Parce que notre histoire, même si beaucoup ne le savent pas, vient de loin. De très loin. Peu importe qu’un jour tu aies franchi les frontières de la Premier League, où ils ont découvert le talent d’un gamin unique, d’abord à Liverpool puis à Chelsea. Quand tu es revenu à la maison, à l'Atlético, j'étais heureux, comme tous les autres parce que le football, au-delà des succès et des échecs sportifs, c’est une manière de comprendre la vie. Et toi Fernando, tu as été digne de ce sport.

 


Je ne parle pas des buts que tu as marqué, ni même des titres que tu as remporté dans ta formidable carrière. Je parle de ton comportement, de ton respect pour le jeu, les coéquipiers, les adversaires, et bien sûr le ballon. Cette vie, que nous avons commencée en terrains anonymes, loin des projecteurs et des caméras, jusqu'à partager des milliers d’expériences avant de gagner une Coupe du Monde pour notre pays.

 


Il n’existe pas un plus grand trésor que ton amitié, Fernando. Ce fut un merveilleux voyage. Un voyage qui nous a menés aux 4 coins du monde. Et regarde où nous sommes aujourd'hui. Au Japon, jouant, toi et moi, un match de football. Un de plus. Mais ce n’est pas un match de plus. C’est ton dernier match. Qui aurait pu nous le dire ? Tu vas affronter David Villa et moi ! Ensuite, tu retourneras à la maison. Les tiens t’attendent, même si tu dois savoir que le ballon sera aujourd'hui plus triste qu’hier.


Profite de tout ce qui vient maintenant et sois heureux. Mais que c’est étrange, Fernando. Tu n’es pas encore parti que tu me manques déjà".

 

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