C’est sans surprise que l’ancien reggeaman guinéen, présentement engagé dans la politique réagit face à la situation qui règne en Guinée depuis la veille du double scrutin.

 

 

Elie Kamano, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, décrit cette situation et dénonce tous les responsables qui selon lui, joue un rôle contraire à leur objectif. Dans cette vidéo que vous pouvez découvrir à la fin de cet article, le président du Parti guinéen pour la solidarité et la démocratie (PGSD), met à nue ses pensées.

 

« Chers Ainés,
Ceux qui veulent diriger la Guinée de demain devront faire preuve de loyauté, de courage et de détermination, face aux menaces d’un système politique qui utilise la violence, emprisonne les innocents, et tue par règlement de comptes son propre peuple. Le boycott oui, mais il y a des morts partout et le peuple attend des réponses de nous. »

 

« Je sais que certains d’entre vous diront, que je suis politiquement novice et immature. D’autres diront que j’ignore totalement les règles et les dessous de cette confrérie des sorciers, qu’on appelle politiques. Mais comme de milliers de Guinéens, je veux aussi des réponses. »

 

« Combien de temps brandirons-nous encore et encore, comme un trophée de guerre les images insupportables des victimes de ce système ? » 

 

« Combien de temps resterons-nous clouer dans nos maisons, à compter des douilles de balles qui endeuillent les pauvres guinéens qui comptent sur nous ? »

 

 

« A quel moment allons-nous servir de boucliers ou de véritables guides pour nos concitoyens qui n’ont demandé que vivre dans la paix et l’harmonie, en ayant la liberté de choisir les dirigeants qu’ils veulent. Comme des millions de Guinéens, je veux aussi des réponses. »

 

« Attendrons-nous la fin du massacre pour sortir et se mettre autour de la table, avec ceux qu’on estime être les seuls et uniques responsables de ce massacre, pour discuter du partage du gâteau ? »

 

« Attendrons-nous que le nombre de victimes atteigne le seuil approximatif ou maximal d’une crise à l’Ivoirienne, avant de s’asseoir en intellectuels et fins connaisseurs politiques pour crier victoire ? Il n’y aura pas de victoire si l’on ne participe pas à la foire. Foire de manifestations, foire de violences, car l’oppresseur a déjà défini la forme de l’oppression. »

 

 

« Chers Ainés, 
Si vous ne vous pouvez pas, faites de la place, car la lutte se définit aujourd’hui par une virulence qui n’est pas de votre époque. Voilà pourquoi d’ailleurs, les jeunes servent de bouclier au lieu du contraire. Il faut sortir de la bureaucratie et de la victimisation. Il faut aller au front avec les soldats sans hésitation. Il faut changer le fusil d’épaule et changer de stratégies, car le gibier que vous chassez, contrôle la zone avec son armée impopulaire et antirépublicaine. Si les jeunes tombent et meurent en libérant la Guinée, aucun politique de votre âge. Chers Ainés, ne gouvernera pas la Guinée. » 

 

« Chers Ainés, 
Je ne suis ni fataliste, ni alarmiste, ni suicidaire. Mais comme des millions de Guinéens, je veux aussi des réponses. Malcom X, ne disait-il pas d’effacer le mot liberté de notre vocabulaire si l’on n’a pas le courage de mourir pour elle ? »

 

« Vous faites la guerre à un système, avec la peur qu’il ne vous emprisonne, qu’il ne vous tue, qu’il ne vous empêche de contrôler votre business. C’est cette phobie de la peur, cette phobie de la prison, je veux dire, et de la mort qui vous empêche de mener une vraie résolution. »

 

 

« J’accuse. Oui, je vous accuse d’avoir sciemment abandonné les enfants d’autrui mourir dans la rue sans être à côté. Je vous accuse d’avoir déclenché, sans remords, une guerre à laquelle vous ne prenez point part. Je vous accuse d’avoir chaque fois attendu qu’il y ait des morts, avant de passer à la table de discussions. Je vous accuse d’avoir toujours réservé une place pour le diable dans votre maison. Je vous accuse, car vos dents ne sont pas plus blanches que les linceuls de ces jeunes qui partent à la fleur de l’âge. »

 

« Chers Ainés, 
Si vous ne vous pouvez pas, faite de la place, car la lutte se définit aujourd’hui par une virulence qui n’est pas de votre époque. Le boycott oui, mais il y a des morts partout. Et le peuple attend de nous des réponses. C’est pourquoi, j’accuse la jeunesse pour complicité et le peuple pour silence. J’accuse les femmes qui continuent à servir nuitamment les hommes qui vandalisent, terrorisent et tuent leurs enfants le lendemain pour une simple manifestation autorisée par la constitution. J’accuse. J’accuse certains médias qui font de cette crise un business, refusant de rétablir la vérité en s’inscrivant et en s’inspirant de la radio des mille collines au Rwanda. J’accuse les gouvernants qui donnent des ordres aux forces de l’ordre pour semer le désordre et le chaos dans le pays afin de préserver leurs intérêts égoïstes. En fin, j’accuse M. Alpha Condé pour n’avoir pas protégé et traité les Guinéens sur le même pied d’égalité, pour avoir instauré un climat de méfiance, encouragé un climat de violence et soutenu un climat de stigmatisation entre les ethnies de la Guinée. »

 

« La conscience étant donc la béquille de l’intelligence, nous n’oublierons aucun acte barbare et antidémocratique posé par qui que ce soit. Les Guinéens comme en 1958, finiront par se libérer des chaînes du Condéïsme, quel que soit le prix à payer. 

Merci et à bientôt. »

 

 

Youssef Haidara

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